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22.11.2007

Les nouveaux habits verts du mondialisme

Par Jean-Philippe Wagner

Conseiller régional de Lorraine,
Membre de la commission
"Développement des territoires, Environnement et Développement durable" 

Nous vous proposons aujourd'hui le premier volet d'une intervention
rédigée pour la Convention Identitaire de Beaune des 10 et 11 novembre 2007.

I - Petite histoire de l'écologie politique

En guise d'introduction à mon propos, permettez moi d'attirer votre attention sur le paradoxe suivant : dans le débat public français, on a jamais tant parlé d'écologie, d'environnement, de développement durable, de principe de précaution... alors que dans le même temps, les candidats se réclamant de l'écologie (Voynet et Bové) n'ont recueilli que 2,89% à la présidentielle de 2007.


Devant un manque aussi flagrant d'adhésion populaire, comment expliquer cet unanimisme politico médiatique à prêcher la grande croisade mondiale contre le réchauffement climatique qu'on nous impose comme une Vérité scientifique et dont nous serions collectivement responsables de par notre activité prédatrice sur la Terre, au point d'en faire l'alpha et l'oméga de nos politiques publiques et de nos comportements privés ? 

Sans rentrer dans un débat scientifique qui n'a pas lieu d'être ici, ma démarche se limitera à vous exposer mes réflexions en la matière :
- comment une science sérieuse - l'écologie - a pu être détournée et pervertie par l'écologisme, une idéologie fumeuse née de la contestation de la société de consommation avant d'évoluer radicalement pour être à son tour récupérée par le politiquement correct,
- comment cette idéologie " recyclée " est aujourd'hui mobilisée au profit de la mondialisation économique et bientôt, d'une gouvernance mondiale des peuples soumis à la triple férule de la norme contraignante, de la peur irrationnelle et de la repentance obligatoire,
- en quoi ce mondialisme écologique est parfaitement incompatible avec les valeurs de liberté, d'identité, d'individualité, d'initiative et de dépassement de soi qui fondent et caractérisent depuis toujours la civilisation européenne,
- enfin et pour conclure, nous explorerons les conditions d'un retour possible à une véritable écologie, populaire, identitaire et enracinée.

Inventée en 1866 par le biologiste allemand Ernst Haeckel, l'écologie - littéralement en grec, science de la maison, de l'habitat - se donne pour objet l'étude des interactions des êtres vivants entre eux et avec leur milieu.

C'est au départ une science assez confidentielle et austère, idéologiquement marquée plutôt à droite et même selon ses détracteurs, à l'extrême-droite.

On parle alors d'écologues et pas encore d'écologistes...

Profondément marquée par la révolution industrielle, les progrès fulgurants du machinisme et de l'industrialisation, mais aussi par les destructions des 2 guerres mondiales, l'écologie va peu à peu quitter le domaine des sciences naturelles pour celui des sciences humaines.

Son discours évolue alors vers la recherche sociale d'une relation apaisée et harmonieuse entre l'Homme et la Nature selon la formule latine : "imperat naturam nisi parendo" (on ne commande à la nature qu'en lui obéissant).

Mais c'est avec l'avènement du consumérisme de masse et la dénonciation des excès de la société de consommation qu'une ultime évolution va se produire : celle qui consiste à considérer l'Homme et son activité comme les principaux ennemis d'une Nature idéalisée et déifiée.

Selon cette conception fondamentaliste, la Terre n'appartient pas à l'Homme, c'est l'Homme qui appartient à la Terre et à ce titre, il doit se soumettre à la Nature conçue comme entité globalisante et abstraite, finalité ultime fermée à toute transcendance. Si comme le pensait Hobbes, "L'Homme est un loup pour l'Homme", il est aussi selon les écologistes radicaux un prédateur et une nuisance pour une Nature divinisée.

C'est alors au début des années 60 l'éclosion du mouvement "baba cool", du retour à la terre, des hippies et du "peace and love" ; une conception hédoniste et non agressive de la relation de l'Homme avec son milieu qui culminera avec les événements de mai 68.

De pacifiste et non-violent qu'il était, l'écologisme va rapidement se politiser en basculant dans le camp de l'ultra gauche, notamment à l'occasion des luttes antimilitaristes (Larzac, Mururoa, euromissiles) et antinucléaires.

En pleine guerre froide, enfermés dans un pacifisme désuet, les écologistes d'Europe de l'Ouest vont clairement faire le jeu du bloc soviétique, en soutenant la thèse du désarmement unilatéral.

C'est l'époque de gloire du fameux slogan "Plutôt rouges que morts" !

En France, "les Verts" se créent en 1984, sur le modèle des Grünen allemands et fait le choix stratégique d'une alliance exclusive à gauche. Loin de se consacrer à l'écologie et à la défense de l'environnement,  les Verts participent aux côtés de l'extrême-gauche à tous les combats "alternatifs" (antiracisme, antifascisme, soutien aux minorités ethniques, sexuelles, aux sans-papiers, aux sans-logis, etc.).

Il faudra attendre la chute du mur de Berlin et la faillite avérée du communisme pour observer l'ultime mutation de l'écologisme.

Encouragés par les déclarations de hautes personnalités ouvertement acquises aux thèses mondialistes, telles que Jacques Delors, Pascal Lamy (Commission Européenne), Michael Gorbatchev*, le tandem américain Bill Clinton/Al Gore, l'ancien chef de la diplomatie allemande Joschka Fischer (sympathisant dans sa jeunesse de la tendance radicale des Grünen) et dernièrement Jacques Chirac avec son projet d'ONU environnementale**, mais aussi influencés par le discours globalisant et humanitariste d'organisations internationales et d'ONG puissantes (ONU, Greenpeace, WWF...), les écologistes vont progressivement "s'embourgeoiser", recentrer leur discours dans un sens moins contestataire et davantage conforme à l'air du temps, pour se concentrer sur des causes planétaires comme par exemple le réchauffement climatique, l'alter-mondialisme, la lutte anti OGM ou l'ingérence humanitaire.

Pour faire bonne figure, ils critiquent la mondialisation libérale, mais sans jamais aller trop loin dans sa remise en cause. À l'image d'un Daniel Cohn-Bendit, ancien révolutionnaire, député européen reconverti au politiquement correct, ils vont même jusqu'à soutenir les pires exactions (comme en 1999, le bombardement de la Serbie par l'OTAN).

Malgré leur insignifiance électorale, leur alliance avec les partis majoritaires leur permet d'accéder, comme députés, sénateurs ou même ministres, aux allées du pouvoir. L'animateur télé et homme d'affaires Nicolas Hulot est devenu leur modèle et les "bobos" d'aujourd'hui ressemblent aux "babas" d'hier.

Bref et parce qu'ils en vivent confortablement, ils sont devenus les meilleurs garants du Système en place !

Mais comment expliquer un tel retournement et dans quel but ?

-------------- / à suivre  / ------->>>

* Créateur de la fondation Grenn Cross International,
à la tête de laquelle on retrouve l'écologiste radical Yves Paccalet
(auteur, notamment, de "L'humanité disparaîtra : bon débarras !")

** Converti sur le tard à l'écologisme militant,
Jacques Chirac déclara le 2/02/2007 à la conférence "Citoyens de la Terre" :
"Il faut construire une gouvernance mondiale de l'environnement." Difficile d'être plus clair !

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